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Recherches historiques

Les historiens du LAHM ont décidé de faire porter l’effort sur certains des axes définis dans le projet scientifique 2012-2015. Il s’agit des axes « Sociétés et territoires » et « Normes et hiérarchies sociales ». Trois programmes distincts se dégagent mais plusieurs ponts existent entre eux. La question de l’identité, civique ou familiale, les unit fortement, tandis que le programme sur l’honneur fait la jonction entre les deux pôles, civique et familial, puisqu’il interroge aussi bien le fonctionnement de la compétition civique que des stratégies familiales.


1. La construction de l’identité des cités aux époques hellénistique et impériale : territoire, histoire et image (animateur : H.-L. Fernoux).

Ce programme se propose de creuser les thématiques de l’identité et du territoire à partir de l’exemple des cités grecques d’Asie Mineure sous la domination des rois hellénistiques puis des empereurs romains. Il a aussi pour ambition de s’intégrer dans le Labex de Rennes sur le territoire. Le but est d’étudier comment ces cités ont redéfini leur identité face à l’émergence de nouveaux pouvoirs monarchiques. Deux types de cités ont été sélectionnées car elles se situent aux deux extrémités du spectre : les cités fondées ou refondées par les souverains et les cités restées en théorie indépendantes.

Un tel choix permettra aussi d’ouvrir des dossiers concrets, propices à un travail efficace. Concernant les cités fondées par les souverains, le programme s’attachera spécialement à celles portant le nom du souverain ou les noms Sebasteia/Sebastopolis. La toponymie et les émissions monétaires constitueront des sources privilégiées. Dans les cas des cités indépendantes, voire rebelles, l’analyse se concentrera sur Rhodes à partir du Discours aux Rhodiens de Dion de Pruse. L’étude du texte sera éclairée par des rapprochements avec les sources épigraphiques et numismatiques. Même si les aspects institutionnels et sociaux seront abordés, c’est l’approche idéologique qui sera prédominante. De tels dossiers apporteront leur pierre au vaste débat sur la redéfinition de l’identité grecque à l’époque romaine.


2. Identités familiales : recherches sur la famille grecque (animateurs : K. Karila-Cohen, J. Oulhen et J. Wilgaux).

Ce programme s’inscrit dans le thème « Normes et hiérarchies sociales ». Les recherches sur la famille grecque ont jusqu’à ce jour principalement étudié le cadre juridique et les pratiques qui lui sont associées (héritage), les relations entre les membres qui la composent et les stratégies sociales diverses – au sens banal des intérêts sociaux – qui l’animent. Mais la définition de ce groupe reste à mener. C’est le but de cet axe, en partant toutefois de l’hypothèse que la famille est un groupe dynamique dont l’institution se réalise à travers des pratiques matérielles et symboliques.

Du coup, on cherchera moins à proposer une définition de la famille qu’à cerner les identités familiales. Cette approche, est fondée à la fois sur l’anthropologie de la parenté, les méthodes prosopographiques et l’anthroponymie. Elle étudiera trois thèmes : qu’est-ce qu’une stratégie familiale ? Quels sont les modes de reconnaissance des groupes de parenté ? Quelles sont les pratiques de distinction ?

Un tel axe est susceptible d’avoir un prolongement dans le domaine romain, comme le montre l’axe suivant « Honneur et dignité », qui touche aussi aux stratégies familiales. Par ailleurs, Jean-Luc Bastien mène des recherches sur les stratégies politiques des grandes familles de la noblesse républicaine, tels les Caecilii Metelli, qui promurent des cultes liés à la victoire. A travers l’analyse de ces stratégies, c’est l’identité de ces familles qui est aussi en cause.


3. Honneur et dignité dans le monde antique (animateurs : C. Badel et H.-L. Fernoux).

Intégré dans « Normes et hiérarchies sociales », ce programme est en partie complémentaire de celui sur les identités familiales. En effet, pour décrypter les stratégies familiales, il faut connaître les motivations des acteurs et donc le code moral qui les anime. Inspiré des travaux d’une école de romanistes américains, il applique aux sociétés antiques le modèle anthropologique de l’honneur, conçu comme un capital social à défendre mais aussi comme un code des pratiques légitimes. Comme en grec et en latin, les termes timè et honor désignent des magistratures et des marques d’honneur, c’est-à-dire des dignités, la réflexion sur la dignité nous a paru inséparable de celle sur l’honneur.